Alors que la participation canadienne dans la guerre américaine en Afghanistan est évacuée des thèmes favoris du débat, les enjeux résiduels majeurs des prochaines élections sont l’économie, la justice sociale, l’environnement et la gouvernance. Le spectre d’une récession économique à nos portes, la détérioration du pouvoir d’achat des consommateurs, la croissance de la richesse d’une minorité privilégiée inversement proportionnelle à la multiplication du nombre de ménages vivant sous le seuil de la pauvreté, le paradoxe de la responsabilité versus comptabilité environnementales et celui de la souveraineté nationale, dessinent dans mon champ visuel les couleurs vives du combat de chefs.
Le défi du débat sera non pas d’être convaincant dans l’un ou l’autre de ces thèmes, plutôt de faire la démonstration que globalement on offre un package visionnaire rassurant quant à l’avenir proche, lointain et durable du niveau de vie des Canadiens. Il s’agira pour Harper, non pas de mettre en contexte l’inapplicabilité de sa propre loi sur les élections à date fixe et son intégrité, plutôt de faire dire aux faiseurs d’opinions que l’alignement inconditionnel d’Ottawa à Washington n’est pas si pire et que le rêve d’un Canada souverain est, depuis le départ de Trudeau, irréaliste et insoutenable comme celui de la séparation du Québec après Lévesque. Il s’agira par contre pour Stéphane Dion, en partie de leur vendre la résurrection de Stephen St Laurent, Pearson, et Trudeau, en plus de marier la diplomatie, l’environnement et la solidarité à l’économie et à la sécurité. Laborieux et irrationnel, mais pas inimaginable ! Oui, il faudra presque de la magie pour restaurer l’esprit démocratique, la culture de bonne gouvernance et la vision « Canada » à Ottawa. Ce en quoi le professeur Dion pourrait surprendre et prendre de revers le conservateur Harper.
Sommes toutes, qu’en importe l’issue, ce scrutin au fédéral sera le test de l’esprit fédéraliste et souverainiste canadien, et permettra de jauger la capacité de réincarnation des bâtisseurs historiques du pays.
François Munyabagisha
Mars 2007
Alliance contre-nature
Québec solidaire ne pourra pas s'allier au Parti québécois puisque la raison d'être à la base de QS est la rupture avec les partis traditionnels identifés au PQ et au PLQ.
QS est coincé dans sa rhétorique,un peu à la façon d'une gauche traditionnelle(une certaine "pureté" idéologique).Tout comme le PQ,car ce dernier a rejeté Pauline Marois et avec elle, la politique d'alliance qu'elle proposait de faire avec QS,le temps d'une élection (partage de circonscription éventuel).
QS ainsi que le PQ ne voudront pas être accusés d'opportunisme électoraliste car c'est ce qu'ils dénoncent du PLQ et de l'ADQ!
De plus, la position de SPQ libre(proche des idées de QS) au sein du PQ est de dire :oui à QS, mais à l'intérieur du PQ comme autre "club" politique ou au sein de SPQ libre.
Texte de Jacqueline HEKPAZO
Mars 2007
Tous des autonomistes ?
Il existe différents statuts d’autonomie politique : province autonome, État autonome au sein d’une fédération ou bien État associé. Chacun de ces statuts a des caractéristiques particulières.
Les provinces autonomes n’ont pas le droit d’obtenir leur indépendance sans l’approbation de l’État central. Dans une fédération, le gouvernement fédéral a plus de pouvoir en ce qui concerne les affaires communes à tous les citoyens membres de la fédération telles que les affaires extérieures, la défense et la protection de l’environnement. Les gouvernements autonomes ont plus de pouvoir sur les affaires locales telles que l’éducation, les affaires culturelles et les services sociaux.
Dans une relation d’État associé, chacune des parties peut décider de rompre unilatéralement le lien qui les attache. Ce type d’arrangement est en général fondé sur un bénéfice mutuel.
Le degré d’autonomie d’un gouvernement au sein d’un ensemble dépend du partage des responsabilités : c’est aux trois principaux partis que revient la tâche de le définir clairement !
Octobre 2006
On veut du changement !
Depuis 30 ans que je suis au Québec, les mêmes défis perdurent, quels que soient les gouvernements successifs. Je comprends que les enjeux en cause ne peuvent se régler facilement : attentes dans les urgences et listes d’attentes en santé, multiples réformes et sous financement en éducation, place du Québec dans la Constitution canadienne ou référendum sur la souveraineté, partie de « souque à la corde » entre le Fédéral et le Provincial, rapatriement de points d’impôt et baisse d’impôts, moins de taxes ou plus de taxes, crises prévisibles dans le secteur primaire de l’économie ( textiles, forêts, mines, agriculture), dénatalité et vieillissement de la population, mal- développement de certaines régions, intégration et sous- représentation des immigrants non blancs, pour ne nommer que les plus récurrents. Ces enjeux forment un véritable bric-à-brac d’éléments qui sont « pris à la pièce » lors des campagnes électorales et qui oscillent selon l’opinion publique du moment. Le parti Québécois pourra-t-il « changer la donne » et offrir une vision d’ensemble emballante de la société ? Pas celle d’un Québec étriqué qui tourne en rond.
Le projet de souveraineté est un projet de changement radical. Étant donné la prudence légendaire des peuples quels qu’ils soient, l’information et la communication apparaissent comme les conditions préalables à un tel bouleversement. Contrairement à ce que prétendent messieurs Duceppe et Boisclair, les cachotteries stratégiques ne « tiendront pas la route » : pour un changement radical et responsable, il faut avancer « visière levée » !
Texte de Jacqueline HEKPAZO
septembre 2006
Élections, pièges à ... ?
Les Québécois étaient insatisfaits du gouvernement Landry.Ils ont élu le gouvernement Charest et ils sont toujours insatisfaits. Ils risquent de le demeurer encore longtemps car les enjeux pour lesquels les libéraux ont été élus sont loin d'être réglés et ne se régleront pas du jour au lendemain : la place du privé dans la santé, le financement de l'éducation post-secondaire, le rôle de l'État en général, les impacts sociaux et environnementaux des différentes politiques, le débat national. Ceci sans compter "l'air au-dessus de leurs affaires" de plusieurs ministres libéraux (aux yeux des libéraux tout comme ceux des péquistes à l'époque, s'ils sont impopulaires, c'est la faute des électeurs qui ne comprennent pas qu'on les gouverne pour leur bien!).
C'est donc malheureusement la même culture politique traditionnelle dans laquelle on baigne.
Selon Jean Charest, l'enjeu des élections de 2003 était "la gestion du changement"...
André Pratte écrivait ceci dans un éditorial (19 octobre 2002) : "Le changement radical et responsable :voilà l'enjeu des prochaines élections." Quel bilan en tirer ? Et à la veille de prochaines élections, quel parti pourra relever ce défi ?